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Nicolas RASSAT

Nicolas RASSAT

Comédien, Auteur


Des nouvelles de ma pièce "D'aussi loin qu'il m'en souvienne"

Publié le 18 Juin 2026, 17:59pm

J'ai le plaisir d'annoncer une réédition améliorée du seul en scène que j'ai eu l'occasion de jouer -entre autres- au Théâtre de la Manufacture des Abbesses à Paris en juin 2024.

Des nouvelles de ma pièce "D'aussi loin qu'il m'en souvienne"

EXTRAIT :

[...] " Quelques années plus tard,                
quand ma mère a rencontré François Montalègre,
obscur gratte-papier au service publicité du journal Sud-Ouest,

j’ai vite senti que la partie était perdue pour elle,
pour moi,
et même pour ma grand-mère.

Jusqu’à présent, 
ses multiples relations lui avaient toujours laissé la possibilité de continuer à peindre.
Elle trouvait toujours des hommes 
qui l’entretenaient financièrement, 
tout en lui laissant sa part de liberté.
Mais avec François, 
elle a perdu pied.
Non pas par amour pour lui.
Quoique…
Mais parce qu’il était devenu son esclave,
consentant et malfaisant.
Un pacte de dépressifs en somme.

Je me rappelle de notre première rencontre.
Il est peut-être 3h du matin,
la porte de ma chambre qui jouxte celle de ma mère
– oui je vis encore chez ma mère –,
s’ouvre violemment.
Dans l’entrebâillement je devine une silhouette 
qui me dévisage et me lance un « ah d’accord ! »
avant de la refermer tout aussi subitement.
À travers la cloison, je l’entends parler avec ma mère.
   ―  C’était un piège ! Ton amant dort à côté !
J’entends la voix de ma mère 
qui lui répond mollement que non, 
que je suis son fils,
   ―  Mais qu’est-ce que tu vas imaginer ? 
Il ne veut rien entendre et continue de crier au traquenard.
Le ton monte,
je me lève,
je rentre dans la pièce.

Ma mère est somnolente sur le lit,
elle serre un bouquet de fleurs sur sa poitrine,
une bouteille de champagne est posée sur la table de nuit,
l’homme est en slip, 
petite moustache, 
une gitane à la bouche,
il a juste remis ses mocassins.
J’essaye de la réveiller pour savoir « qui est ce type ? »
Il se précipite alors sur la bouteille de champagne, 
casse le goulot sur la cheminée,
et avance vers moi.
Je retourne dans ma chambre.

Sous mon lit j’ai rangé mon matériel de pelote basque.
J’en fais beaucoup à cette époque.
Je prends ma grosse Pala en bois massif de huit cents grammes,
et je reviens dans la chambre de ma mère.
Il m’attend avec sa bouteille cassée.

Alors qu’on est tous les deux immobiles,
il finit par sauter par la fenêtre – toujours en slip –,
et se réfugie derrière les poubelles du voisin,
de l’autre côté du trottoir.

Je lui lance ses affaires,
mais il n’est pas décidé à partir.
Alors je sors pour le rejoindre.
Moi aussi je suis en caleçon."

Pour ceux qui veulent en savoir plus, le lien vers le site de l'éditeur
D'aussi loin qu'il m'en souvienne
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